Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


MONTCEAU-LES-MINES - samedi 22 juillet 2006 à 19h41

Tour de France: Landis évoque son "travail" et la "patience" comme sources de son succès


Agrandir l'image

L'Américain Floyd Landis, qui sauf accident remportera dimanche le Tour de France pour la première fois de sa carrière, a tenu à remercier ses parents samedi après sa prise de pouvoir au terme du contre-la-montre de Montceau-Les-Mines.

L'ancien équipier de Lance Armstrong, élevé dans la tradition mennonite, un courant du protestantisme, estime en effet que "la patience" et le respect du travail que lui ont inculqué sa famille lui ont servi pour gagner le Tour.

Question: Que ressentez-vous en gagnant le Tour de France?

Floyd Landis: "Ce n'est pas encore fini. Je ne sais pas ce qui va se passer. Mais j'espère qu'on pourra garder le maillot demain. Mais ce que je ressens en ce moment, c'est la fatigue du contre-la-montre."

Q: Quand vous étiez dans l'équipe d'Armstrong, pensiez-vous qu'un jour votre tour viendrait?

F.L.: "J'espérais un jour avoir l'opportunité d'être leader et de gagner le Tour. Mais je savais qu'il fallait travailler dur pour y arriver, qu'il fallait faire beaucoup de sacrifices. Mais j'étais prêt à relever ce challenge."

Q: Sur ce Tour, vous n'avez pas toujours donné l'impression de maîtriser les événements. Qu'en est-il vraiment?

F.L.: "Parfois j'ai peut-être donné l'impression de prendre des décisions en réagissant sous le coup de l'émotion. Mais la plupart du temps, on a agi de façon logique. Après ma défaillance, c'est vrai que j'ai réagi sous le coup de la colère et de la déception. Mais la plupart du temps, je suis resté calme."

Q: Un nouvel Américain gagne le Tour. Les coureurs US sont ils plus portés sur cette course que les autres?

F.L.: La série américaine est surtout due à Lance, il en a gagné sept d'affilée. Il y a un mouvement qui suit, je fait partie de la lignée.

Mais il n'y avait pas que moi qui voulait gagner ce Tour. D'autres le voulaient autant que moi. Ce n'est pas une caractéristique américaine. Je me sens aussi un peu chanceux. Sur les trois semaines, on a eu de la chance aux bons moments."

Q: Votre éducation vous a-t-elle servie ces derniers jours?

F.L.: "Mes parents m'ont appris que la patience et le travail permettaient de réussir dans la vie. J'ai mis du temps à savoir me montrer patient. Mais au bout du compte, cette patience et le fait de ne jamais me décourager pour atteindre mes objectifs m'ont bien aidé."

Q: Comment vous êtes-vous relancé après votre terrible échec à La Toussuire?

F.L. "Quand j'ai fini cette étape, j'étais humilié et déprimé. Ça ne faisait pas du tout partie de mes plans. J'ai eu besoin de plusieurs heures pour retrouver mon tempérament. Mais c'était l'une des choses les plus humiliantes qui me soit arrivée."

Q: Ce Tour a été assez fou. Qu'en pensez-vous?

F.L.: "De notre point de vue, il n'était pas bizarre. On était parti avec l'idée de remporter la course, mais c'était difficile de contrôler l'épreuve. On a d'abord couru de façon conservatrice, en tentant de contrôler, jusqu'à mon mauvais jour. Après, on a changé complètement de stratégie. Grâce à ça, on a prouvé ce dont j'étais capable. En fin de compte, ça a été une bonne chose pour nous et la compétition.

Q: Vous allez subir une opération de la hanche. Etes vous soulagé d'avoir gagné la course?

F.L.: "C'est sur que d'avoir remporté le Tour, je me sens plus décontracté. Mais je ne pense pas que ma vie aurait été un échec si je n'avais pas gagné. C'était un rêve de le gagner et j'aurais été déçu si j'avais perdu. Maintenant, je vais travailler très dur pour être ici l'an prochain ou l'année suivante. Parce que ce sport est vraiment le plus beau de tous et je suis fier d'en faire partie."

Q: Armstrong était une vedette. Votre vie va-t-elle changer?

F.L.: "Je ne sais pas si ma vie va changer, mais je n'en ai pas trop envie parce que je suis assez heureux comme je suis."

Q: Qu'avez-vous appris aux côtés d'Armstrong?

F.L. "J'ai eu de la chance d'avoir pu courir le Tour avec lui avec l'objectif de le gagner. C'est une expérience que peu de gens ont eu l'occasion de vivre: être dans une équipe qui a l'objectif absolu de le gagner en ne cessant jamais de croire que c'était possible.

Bien sûr il y a un risque en misant tout sur une seule et même personne. Mais de nombreuses équipes commettent des erreurs en n'adoptant pas ce système."

Q: Votre victoire vous donne de nouvelles responsabilités par rapport aux jeunes générations. Qu'avez-vous à leur dire sur le dopage?

F.L.: "Je pense qu'on a prouvé davantage que les autres sports qu'on faisait tout pour nettoyer. Mais c'est aussi la responsabilité des parents d'expliquer aux enfants qui regardent les courses. C'est leur responsabilité de bien élever leurs enfants, comme mes parents l'ont fait avec moi." AP

petr/cov/jlc