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Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, a présenté vendredi un plan de lutte contre les violences sexuelles dans le sport qui touchaient près de 8% des pratiquants selon une étude publiée en 2006 sur la région Champagne-Ardennes.
La ministre a signé avec Henri Sérandour, le président du Comité olympique et sportif français (CNOSF), une charte qui incite les organisations sportives à promouvoir une attitude préventive et à remplir leur obligation de signalement en cas de maltraitances identifiées ou soupçonnées.
Les révélations de la championne de tennis Isabelle Demongeot, en 2007 dans son livre "Service volé" dans lequel elle dénonce les viols dont elle-même et d'autres joueurs auraient été victimes de la part de leur entraîneur, ont accéléré la prise de conscience concernant ces dérives.
Le sport est un terrain propice à ces comportements car les vestiaires, les déplacements, la nudité, les soirées, les bizutages constituent des éléments favorisant l'apparition de ces agissements.
"Il existe une loi du silence dans le monde du sport. Les sportifs ont une crainte et une réticence à dénoncer leurs agresseurs, car les victimes peuvent se retrouver exclues du milieu sportif", explique Greg Descamps, maître de conférence à l'Université Bordeaux II.
Avec Sabine Afflelou, psychiatre, ils ont mené une enquête en Gironde, qui sera élargie prochainement au reste de la France.
Sur 356 sportifs questionnés, 110 (30%) auraient été confrontés au moins à une forme de violences sexuelles. Les violences sexuelles sont classées en fonction de leurs portées, en trois sections allant crescendo: le harcèlement, les atteintes, et les agressions dont les formes les plus graves intègrent le viol.
Dans 90% des cas, l'agresseur est un homme. Environ 30% des agresseurs sont d'autres sportifs, 5% des entraîneurs, 3% des personnes de l'encadrement, et 3% des personnes du secteur médical.
"La médiatisation des résultats de l'enquête pourra avoir une vertu de libération de la parole et pourra aussi provoquer une prise de conscience de la société", estime Roselyne Bachelot.
Un numéro d'appel téléphonique, le 08 Victimes (08 842 846 37), a été mis en place pour répondre au mieux aux jeunes qui ont besoin de se confier. Des affiches (plus de 20.000) "Sportif oui, victime non" vont être placardées dans les préfectures, les directions régionales de la Jeunesse et des Sports et toutes les fédérations sportives.
"Les victimes ont besoin de sortir du silence et de la honte, de se libérer de ce grave... (aucun mot prononcé)", a déclaré Isabelle Demongeot, conseillère technique pour ce plan de lutte contre le harcèlement et les violences sexuelles dans le sport.
Une convention cadre va aussi être signée par le ministère avec l'INAVEM, un réseau local de 150 associations qui regroupe 1.400 intervenants formés à la victimologie, composé d'accueillants juristes, psychologues, cliniciens et travailleurs sociaux. AP
jlc/cov/petr
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