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Décevante en Coupe du Monde, l'équipe du Pays de Galles s'est refait en cinq mois une éclatante santé pour brillamment remporter samedi le Tournoi des Six Nations en réalisant son deuxième Grand Chelem en quatre ans.
Entamé par un tonitruant succès à Twickenham, où Galles n'avait plus gagné depuis vingt ans, la campagne de la formation entraînée par Warren Gatland a culminé par une victoire patiemment construite et sans appel sur le Quinze de France (29-12), tenant du titre, samedi à Cardiff.
Nommé en novembre dernier, Gatland a su tirer le meilleur parti des forces actuelles du rugby gallois en s'appuyant sur un groupe restreint et expérimenté tout en misant sur la cohésion que lui a procuré la présence d'une forte représentation du club des Ospreys dans chacune de ses feuilles de match.
L'attaque gallois a souvent été enchanteresse et imprévisible à l'image de l'ailier Shane Williams, qui termine en tête du classement des marqueurs d'essais avec six essais soit un peu moins de la moitié du crédit total de son équipe (13 essais). Mais, comme souvent, le vainqueur de la compétition est celui qui possède la meilleure défense et les Gallois ont cette saison établi un record en ne concédant que deux essais en 400 minutes de jeu!
L'Angleterre, qui finit à la deuxième place, s'est elle aussi montrée conservatrice durant ce Tournoi. Le vice-champion du monde s'est largement adossé à ses atouts habituels, à savoir son pack et sa défense. Paradoxalement, c'est en sortant de son schéma ordinaire et, notamment, en confiant la conduite du jeu au jeune Danny Cipriano (20 ans) lors de son dernier match, samedi face à l'Irlande, qu'elle a signé sa plus large victoire (33-10). Un écart qui lui permet de reléguer la France à la troisième place avec une meilleure différence de points.
La France réalise sa plus mauvaise performance depuis 2003. Les Tricolores ont inévitablement payé pour commencer leur reconstruction. Nouvel encadrement, nouvelles ambitions dans le jeu, nouvelles têtes.
Le parcours des Bleus a évolué au rythme de leur constante recherche d'équilibre. Concentrés sur la mise en place de leur jeu, les Français ont souvent manqué de capacité d'adaptation à l'adverse. Mais le potentiel reste important d'autant qu'il s'est certainement enrichi avec treize nouveaux joueurs lancés en sélection durant la compétition.
Dans le prolongement d'une coupe du monde ratée (éliminée au premier tour par l'Argentine et la France), l'Irlande, en finissant quatrième, s'est enfoncée un peu plus dans la crise en réalisant son plus mauvais Tournoi depuis 1999. L'Eire a une fois de plus été desservie par les blessures et, après un démarrage pénible face à lItalie (16-11) à Croke Park, elle n'est jamais apparue vraiment en confiance.
En outre, la génération dorée, incarnée notamment par Brian O'Driscoll, semble nettement marquer le pas. L'Ecosse (5e) a fait comme chaque année avec ses moyens réduits. L'équipe de Frank Hadden se voyait sans doute un peu plus belle mais elle est trop limitée en attaque (69 points en cinq matches). Ses seules satisfactions resteront d'avoir fait chuter le voisin anglais à Murrayfield et le 100% de réussite de son buteur vedette Chris Paterson, déjà auteur d'un sans faute au Mondial.
Enfin, l'Italie (6e), elle aussi en reconstruction, a fait moins bien que ses deux succès de l'an passé. Un drop de son jeune arrière Andrea Marcato à l'ultime minute de son dernier match lui a quand même permis de battre (23-20) l'Ecosse et d'offrir une première victoire à son nouvel entraîneur Nick Mallett. AP
xdes/petr
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