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Les manifestations au Tibet et la répression chinoise inquiètent les sponsors des prochains Jeux olympiques, qui souhaiteraient rester à l'écart du conflit. Une partie d'entre eux, McDonald's et Coca-Cola en tête, tentent d'amadouer les militants de la cause tibétaine sans pour autant fâcher Pékin.
"Nous devons tous faire attention à notre façon de parler de ce problème", reconnaît Chris Renner, président pour la Chine de Helios Partners, une société de conseil en marketing du sport qui compte parmi ses clients le constructeur automobile allemand Volkswagen, le fabricant chinois d'ordinateurs Lenovo et le géant minier anglo-australien BHP Billiton.
Après les émeutes tibétaines de la semaine dernière et la réponse des autorités chinoises, les sponsors déclarent suivre les événements de plus près. Quelques-uns d'entre eux ont même demandé conseil à des spécialistes en relations publiques, selon une personne connaissant bien le dossier, qui a tenu à rester anonyme.
Jiang Xiaoyu, vice-président du Comité d'organisation des JO de Pékin (Bocog), a assuré que les émeutes antigouvernementales au Tibet et la répression qui a suivi n'allaient en rien perturber l'itinéraire que doit emprunter la flamme olympique avant de rallier la capitale chinoise. Un trajet qui la fera normalement passer par le Tibet et le mont Everest.
"Nous savons que les incidents sont la dernière chose que nous souhaitons voir, mais nous pensons fermement que le gouvernement autonome tibétain sera capable d'assurer la sécurité de Lhassa, et le passage en douceur de la flamme olympique", a expliqué Jiang Xiaoyu à des journalistes.
A l'étranger, les activistes tibétains ont averti qu'ils manifesteraient sur le trajet de la flamme olympique, notamment en Inde et en Grande-Bretagne, pour appuyer leurs accusations de dégradation par Pékin de la région de l'Himalaya qui abrite la culture bouddhiste.
"Nous ne prévoyons pas de changer nos activités liées au passage de la flamme", a d'ores et déjà prévenu Christine Christine Lau, porte-parole de Coca-Cola à Pékin.
Dans un communiqué, l'équipementier électronique Samsung a lui aussi pris ses distances avec les événements de Lhassa et leurs possibles conséquences sur les JO: "Nous pensons que les Jeux olympiques ne sont pas le lieu pour des manifestations et nous espérons que toutes les personnes qui participeront reconnaissent leur importance."
Les sponsors comptent sur les Jeux pour assurer leur promotion en Chine, faire grimper leurs ventes dans ce pays et attirer de nouveaux partenaires locaux. Ils entendent éviter de compromettre ce triple objectif par des agissements qui déplairaient aux officiels communistes.
Le budget des sponsors et du marketing devraient couvrir le coût des JO, soit 1,3 milliard d'euros environ (2,1 milliards de dollars), une hypothèse chiffrée qui n'inclut pas les dépenses en matière d'installations publiques.
Jusqu'à la semaine dernière, la plus grande crainte des sponsors concernait les pressions exercées sur la Chine à propos du Darfour. Une action relayée efficacement par des personnalités comme l'actrice Mia Farrow, présidente de l'ONG Dream for Darfur, ou le réalisateur Steven Spielberg, qui s'est récemment retiré de l'organisation des cérémonies d'ouverture des JO.
Parmi les dix principaux sponsors, douze ont payé chacun au moins 64 millions d'euros (100 millions de dollars) pour devenir partenaires des JO. Lenovo, le seul chinois du groupe, affirme avoir intégré la possibilité de manifestations dans ses plans. L'américain Coca-Cola, l'allemand Adidas et le suisse Omega, filiale du groupe Swatch, reconnaissent pour leur part avoir parlé en privé aux organisateurs des JO. De source proche du Bocog, on précise que tous souhaitaient notamment connaître la position de la Chine sur le Darfour. AP
fs/v/tl
Sur le Net:
Comité d'organisation des JO: http://www.bocog.org
Dream for Darfur: http://www.dreamfordarfur.org
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