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En s'emparant vendredi du record du monde du 100m nage libre en 47.60 secondes, qui plus est dans la piscine du Néerlandais "VDH" qui détenait l'ancienne marque en 47.84, le Français Alain Bernard s'est clairement positionné pour la victoire finale à l'Euro néerlandais en grand bassin. Il a aussi pris date à cinq mois des Jeux olympiques de Pékin.
"C'est énorme... Je savais que j'avais quelque chose dans les bras, mais je ne pensais pas que ça arriverait si vite", a lâché l'Antibois à l'issue de sa demi-finale des championnats d'Europe (grand bassin) à Eindhoven. "Mais il faut récupérer car les Euros ne sont pas finis. C'est seulement ma première journée et j'ai envie de faire de belles choses. En tout cas, ça met en confiance."
Fabien Gilot, l'autre Français engagé, s'est adjugé le deuxième chrono des demi-finales en 48.68 et disputera lui aussi la finale samedi. Il peut, lui aussi, postuler à une place sur le podium européen. Dans le dernier carré, les Français retrouveront le Suédois Stefan Nystrand, détenteur du record du monde de la distance en petit bassin, et l'Italien Filippo Magnini, double champion du monde de la spécialité. Mais pas "VDH", Pieter Van den Hoogenband auteur du précédent record du monde lors des JO de Sydney en 2000, forfait pour maladie à Eindhoven.
Depuis les Jeux d'Athènes en 2004, le sprint français affiche une densité qui peut lui permettre d'espérer plus que des accessits au prochain rendez-vous olympique de Pékin, en août prochain. Car depuis les deux médailles de bronze décrochées par Stephan Caron aux Jeux de Séoul en 1988 puis aux Jeux de Barcelone 1992, les costauds tricolores rongent leur frein.
Il y a bien eu des podiums et des médailles européennes, le record du monde de Frédérick Bousquet sur 50m nage libre (21.10 en petit bassin), mais les Bleus peinent à concrétiser ces résultats sur la scène internationale.
Pour l'heure, les sprinters français font davantage parler le collectif dans les grands rendez-vous. Les deux médailles de bronze arrachées par le relais 4x100m nage libre aux Mondiaux de Barcelone (2003) et Melbourne (2007) l'attestent.
"Sur 100m nage libre, nous assistons à des luttes d'influence pour savoir qui va prendre le leadership, observait le Directeur technique national Claude Fauquet en début d'année. Je suis persuadé qu'il y aura deux Français en finale du 100m des Jeux de Pékin. Mais lesquels ?".
Avant cela, il leur faudra décrocher impérativement l'une des deux places disponibles sur 100m nage libre lors des championnats de France de Dunkerque (20-27 avril), où se disputeront les sélections olympiques.
Si Alain Bernard et Fabien Gilot se montrent les plus réguliers depuis l'ouverture de la saison, rien ne garantit qu'ils seront du voyage en Chine. Avec Amaury Leveaux, Grégory Mallet, Frédérick Bousquet, Antoine Galavtine, David Maitre ou Julien Sicot, les prétendants ne manquent pas.
A Eindhoven, sans la règle des deux représentants par nation, ce n'est pas deux mais quatre Français qui se seraient qualifiés pour les demi-finales. Le Marseillais Grégory Mallet, quatrième temps des séries en 49.02, et le Mulhousien Amaury Leveaux, dixième chrono en 49.44, ont été sortis pour une poignée de dixièmes.
"On parle beaucoup de l'émulation du sprint français", constate Denis Auguin, l'entraîneur d'Alain Bernard au CN Antibes. "On ne s'en rend pas compte, mais cela fait un moment que ça dure. Depuis les catégories juniors, nos sprinters se tirent la bourre."
"Antoine Galavtine nageait très vite chez les juniors", poursuit le technicien antibois. "Les chronos n'évoluent pas de façon linéaire et la hiérarchie peut changer très vite. Frédérick Bousquet a longtemps dominé la discipline, puis Amaury Leveaux s'est imposé. Depuis la saison dernière Alain Bernard est le plus fort, mais Fabien Gilot réalise un excellent début de saison. On aurait également tort d'oublier Julien Sicot. Il a beaucoup d'expérience au niveau international et cela peut compter au moment d'aborder les Jeux Olympiques où la pression est énorme."
"Cette émulation est en tout cas très intéressante dans l'optique du 4x100m nage libre", conclut Denis Auguin. "S'ils veulent réussir quelque chose de grand en Chine, ils devront tous nager à leur meilleur niveau. Ce n'est pas deux, mais six locomotives qu'il faudra à Pékin pour espérer faire un résultat."
"Le relais, on y pense tous", reconnaît Alain Bernard, le nageur le plus rapide du monde. "En individuel, on se bagarre, mais on sait que cela va nous servir pour le 4x100m nage libre."
Même son de cloche dans la bouche de Fabien Gilot : "L'émulation est très importante. On est plusieurs à se tenir et on progresse ensemble. Un jour c'est moi, un autre Alain, mais demain cela peut être Amaury Leveaux ou Frédérick Bousquet. On se tire tous vers le haut. Quant au relais, on l'a tous dans la tête."
xmar/cov/jlc
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