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actu & culture


ATHENES - dimanche 30 mars 2008 à 16h37

La flamme olympique remise aux organisateurs des Jeux de Pékin



Les autorités grecques ont remis dimanche la flamme olympique aux organisateurs des Jeux de Pékin, lors d'une cérémonie au Stade de marbre d'Athènes, qui avait accueilli les premiers JO de l'ère moderne en 1896. La flamme devait arriver dans la capitale chinoise lundi avant d'entamer un périple mondial de 137.000km.

La cérémonie à Athènes était entourée d'un important dispositif de sécurité: devant le stade, des accrochages ont eu lieu entre la police et des manifestants pro-Tibet. Une vingtaine de personnes ont été interpellées après avoir voulu forcer un cordon de police.

Les manifestants, qui scandaient "sauvez le Tibet" et avaient déployé une banderole proclamant "arrêtez le génocide au Tibet" n'ont cependant pas réussi à perturber la dernière étape du relais olympique en Grèce, de l'Acropole au stade antique.

"Nous n'avons pas à partager la flamme avec des gens qui ne la méritent pas", a déclaré par téléphone Roza Minakouli, 65 ans, militante écologiste également mobilisée pour le Tibet, qui figure parmi les manifestants interpellés.

Les manifestants pro-Tibet étaient déjà présents le 24 mars à Olympie pour la cérémonie d'allumage de la flamme, et des incidents ont émaillé le relais jusqu'à Athènes.

Au stade, Minos Kyriakou, président du comité olympique grec, a remis la flamme au patron des JO de Pékin Liu Qi. "Pour la première fois, la flamme olympique escaladera le plus haut sommet du monde (l'Everest), témoignant de la grandeur du mouvement olympique dans le progrès de la civilisation humaine", a déclaré l'officiel chinois.

Le Grec a lui appelé à ce que la flamme soit respectée au cours de son périple. Elle est "le symbole intemporel qui suscite admiration, fierté et foi en les idéaux et valeurs olympiques", a estimé Kyriakou: "J'espère de la communauté mondiale accueillera la flamme et l'honorera".

Dans le Stade antique pavoisé aux couleurs de la Grèce et de la Chine, quelque 7.000 spectateurs ont regardé le champion grec du triple saut Hrysopigi Devetzi arriver porteur du flambeau, escorté par la garde présidentielle grecque et des actrices vêtues en prêtresses antiques.

Devetzi a ensuite partagé son émotion: "J'espère que la flamme apportera la lumière à tous les athlètes, surtout ceux de Grèce, et que tout se passera bien pour les Jeux".

Les organisateurs grecs avaient condamné les manifestations anti-chinoises, mais deux organisations de journalistes et le petit parti de la Coalition de la gauche les ont soutenues. Dans une ville sous haute surveillance policière, la presse internationale s'était vu interdire l'arrivée de la flamme à l'Acropole, provoquant un boycott photo des agences de presse.

Les militants de la cause tibétaine ne comptent pas lâcher la flamme pendant son périple autour du monde qui la verra passer dans 20 pays avant de revenir en Chine. Ils ont déjà annoncé une manifestation le 6 avril à Londres pour le passage du relais.

Avec les moines bouddhistes à leur tête, les manifestations contre l'occupation chinoise du Tibet ont débuté pacifiquement le 10 mars, jour anniversaire de la tentative de soulèvement contre l'occupation chinoise en 1959. Les violences qui ont suivi ont fait selon les exilés tibétains près de 140 morts, Pékin avançant un bilan de 22 morts. AP

sb/v0/nc/mw