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Plusieurs milliers de membres de la communauté chinoise en France se sont rassemblés samedi place de la République à Paris pour apporter leur soutien aux Jeux olympiques de Pékin et dénoncer l'image de leur pays, fausse selon eux, que véhiculent les médias français et internationaux au sujet notamment de la situation au Tibet.
Jusqu'à 7.000 personnes selon les organisateurs -4.000 selon la préfecture de police de Paris- se sont réunies au centre de la place entre midi et 16h.
Nombre de manifestants étaient vêtus d'un T-shirt où l'on pouvait lire "One China, One Family" ("une Chine, une famille") et, au dos, "Faisons des JO un pont, pas un mur". D'autres portaient des drapeaux chinois, et certains même des drapeaux français, voire les deux en même temps.
Wu Rui, étudiant en droit et en fiscalité à Paris, qui avait lancé l'appel à manifester, a souhaité placer l'événement, qui s'est déroulé dans le calme, sous le signe de l'"amitié franco-chinoise", expliquant qu'il voulait que "les Français connaissent bien notre pays" et leur souhaiter la "bienvenue en Chine", phrase reprise en choeur par la foule.
Mais on sentait également une frustration devant la couverture médiatique des événements au Tibet, ainsi qu'un étonnement devant la virulence des actions contre le relais mondial de la flamme olympique, qui a été fortement perturbé à Paris, Londres, ou encore San Francisco ce mois-ci.
Plusieurs manifestants dénonçaient les actions de l'association Reporters sans Frontières (RSF), qui a notamment accroché son célèbre logo représentant les anneaux olympiques en forme de menottes sur la Tour Eiffel et la cathédrale Notre-Dame lors du passage de la flamme à Paris le 7 avril, pour critiquer les atteintes à la liberté d'expression en Chine. Sur une pancarte, on pouvait par exemple lire samedi "RSF: racisme sans frontières".
"Ils sont racistes contre les Chinois, tout simplement", a estimé Li Huan, étudiant en gestion à Lille, âgé de 26 ans, soulignant d'emblée qu'il n'était pas un "agent envoyé par Pékin". "Bien sûr qu'il y a des problèmes en Chine. Mais maintenant tout le monde pense que c'est l'enfer là-bas!". "Nous ne sommes pas venus soutenir notre gouvernement, mais les JO", a assuré de son côté Ma Kaifeng, commerçant de 35 ans.
De nombreux étudiants chinois interrogés par l'Associated Press se sont dits très déçus par l'accueil réservé au relais de la torche à Paris. "C'était vraiment une surprise", a déclaré Hebing Jie, consultante de 28 ans qui habite en France depuis cinq ans. D'après elle, cette surprise et cette déception expliqueraient les manifestations devant des magasins Carrefour en Chine samedi.
D'autres contestaient la couverture médiatique, en France et ailleurs, des manifestations réprimées par les forces de sécurité au Tibet en mars. Sur une banderole, on pouvait lire "Pour les JO de Pékin, contre l'injustice médiatique".
Xu Yanduo, étudiant, a assuré que les soldats chinois avaient protégé la population tibétaine, et que les fauteurs de troubles représentaient une petite minorité. Ces violences ont fait plus de 140 morts selon le gouvernement tibétain en exil, 22 selon le gouvernement chinois.
"Il y a une réelle tristesse en Chine" devant le "climat de xénophobie, de racisme anti-chinois", a estimé Pierre Picquart, professeur de géopolitique à Paris VIII et spécialiste de la Chine invité par les organisateurs à s'adresser aux manifestants. "La Chine n'est pas le paradis, mais depuis 20 ans, elle n'a jamais autant évolué". AP
mgh/cov/cr
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