Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
La commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a décidé mercredi d'exclure le Paris Saint-Germain de l'épreuve de la Coupe de la Ligue pour la saison 2008-2009 en raison de la banderole injurieuse déployée par des supporters parisiens lors de la finale de l'épreuve 2007 face à Lens.
Lors de la rencontre du 29 mars à Lens à laquelle assistait notamment le président Nicolas Sarkozy, des supporters parisiens avaient déployé une très longue banderole sur laquelle était inscrit "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis". L'affaire a déclenché un scandale national et la dissolution du club de supporters du PSG des "Boulogne Boys".
"Tout en condamnant à nouveau cette banderole, le Paris Saint-Germain se déclare profondément choqué par le principe même de cette sanction qui occulte la réalité des responsabilités dans cette affaire. Le club mettra en oeuvre, toutes les voies de recours à sa disposition, pour contester et faire annuler cette décision", a répondu la direction du Paris SG par communiqué.
Vainqueur 2-1 de cette finale face à Lens, le Paris SG ne devrait donc pas pouvoir défendre son titre la saison prochaine. Mais cela semble un moindre mal puisque le club de la capitale aurait pu se voir retirer des points en championnat, comme Bastia récemment sanctionné de cette manière en Ligue 2 pour l'attitude raciste de ses supporters.
Si la commission n'a pas jugé bon de retirer de points au classement pour le PSG, 18e de la Ligue 1, et donc relégable, elle a justifié sa décision.
"La situation du Paris SG au classement n'a pas compté. Le retrait de points ne s'imposerait conformément aux prescriptions de la FIFA que lorsqu'il y a une connotation raciste bien établie. Or la commission n'a pas trouvé dans la banderole en question qui a choqué beaucoup de monde et exhale par certains côtés des pestilences très désagréables, des éléments purement racistes qui auraient pu nous conduire à enlever des points au Paris SG", a expliqué Jacques Riolacci, le président de la commission de discipline de la LFP, après avoir annoncé la sanction. "Il est incontestable que s'en prendre à une communauté, à un ensemble de population qui revendique des modes de vie, des caractères communs, cela peut s'apparenter à ce que j'appellerais une forme de xénophobie. Entre le racisme et la xénophobie, le distinguo est très subtil, mais encore une fois nous n'avons pas établi de connotation raciste. Je vous signale que le procureur de Bobigny dans son enquête, la base sur les notions de haine, de provocation à la haine et à la violence".
Jacques Riolacci affirme aussi que "la responsabilité du Paris SG est engagée" dans cette affaire. "Sur ce point-là, il y a unanimité de la commission. Une certaine complicité, des complaisances, des négligences sont le fait du PSG", a-t-il dit, en rappelant qu'un club "est responsable du comportement de ses supporters tant à domicile qu'à l'extérieur ou sur terrain neutre" comme au Stade de France où se déroulait la finale.
La commission s'est notamment appuyée sur "le rapport des délégués présents qui nous ont décrit comment cette banderole de 40 mètres a pu pénétrer par fragments et ensuite a été reconstituée avec beaucoup de soins par les instigateurs de ce "happening" sans que n'interviennent la cinquantaine de stadiers (du PSG) positionnés dans cette tribune. Ce sont aussi les éléments du rapport d'instruction", a expliqué Jacques Riolacci.
Bastia s'était vu retirer un point pour des insultes proférées par ses supporters à l'adresse d'un attaquant noir de Libourne - Saint-Seurin, puis deux autres points après appel lors du match retour en Corse pour une banderole s'en prenant au même Boubacar Kébé.
"Pour Bastia où deux points supplémentaires ont été enlevés au club corse, ce n'est pas une jurisprudence de la commission de discipline, c'est une jurisprudence de la commission supérieure d'appel à la suite d'un appel formulé par les hautes instances de la Ligue professionnel du football. Nous n'avons pas à être solidaires de cette décision, nous n'avions pas à mettre nos pas dans le même sillon". AP
jlc/mgh/mw/st
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|