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actu & culture


PARIS - mercredi 07 mai 2008 à 15h40

Football: la protection physique de l'arbitre priorité de la FFF



Une affiche choc: un joueur de football relié au ballon par une chaîne de bagnard. Et deux slogans forts: "L'arbitre, si tu y touches, tu es sur la touche" et "La frappe, c'est dans le ballon".

Une vidéo de 16 secondes, destinée à être diffusée en spots publicitaires sur TF1 une quarantaine de fois lors du prochain championnat d'Europe des nations en juin, vient compléter sur le même thème la campagne de communication pour la protection physique de l'arbitre, présentée mercredi par la Fédération française de football (FFF).

"Comme il (l'arbitre) garantit le respect de la règle du jeu, il fallait à notre tour garantir à l'arbitre le respect de son intégrité physique", a déclaré Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, lors d'une conférence de presse. "Le monde amateur, moins exposé à la lumière des médias, souffre comme le football professionnel des dérives de la violence quotidienne. Mais il souffre en silence et à une échelle inversement proportionnelle à celle des pros".

Sur un million de matches amateurs joués chaque année en France, 300 agressions physiques d'arbitre sont recensées.

Depuis la loi du 23 octobre 2006, les arbitres et juges sont considérés comme chargés d'une mission de service public, à l'instar des policiers ou des pompiers. "Les atteintes dont ils peuvent être victimes dans l'exercice de leur mission sont réprimées par les peines aggravées prévues par ces articles", indique l'article L223-2 de cette loi.

"Récemment, un joueur de 19 ans qui a agressé un arbitre vient d'écoper de huit mois de prison ferme. Cela lui laisse beaucoup de temps pour réfléchir à son acte", souligne Jean-Pierre Escalettes.

La FFF s'est émue de l'extrême violence de certains actes comme l'agression du jeune arbitre Damien Montagono, frappé à la nuque par derrière par un joueur lors d'une rencontre, puis roué de coups de pied à la tête une fois tombé inconscient au sol. Ce jeune Corse, victime entre autres de deux fractures du maxillaire, d'une fracture du nez et de dents cassées, souffre désormais de troubles du sommeil et du comportement.

"On a une belle loi, mais récemment un procureur à Briey en Lorraine a classé sans suite la plainte d'un arbitre agressé. Ce n'est pas normal, car désormais le procureur a obligation de traduire la loi", s'inquiète Bernard Saules, le président de l'Union nationale des arbitres de football (UNAF).

L'affiche de sensibilisation va être envoyée aux 17.000 clubs de la FFF. Elle ne concerne pas seulement les 2,3 millions de licenciés, mais aussi l'encadrement et notamment les éducateurs.

Jean-Pierre Escalettes demande aussi l'exemplarité des footballeurs professionnels et de leurs entraîneurs et dirigeants.

"Ce n'est pas une campagne ciblée sur le football amateur. Il y a du travail à faire pour qu'il y ait davantage de respect. Contester l'arbitre devant des millions de téléspectateurs peut jouer sur les personnes fragiles", dit-il.

Pour Gérard Houllier, le Directeur technique national, le message est clair: l'arbitre doit être à tous niveaux "écouté, protégé, respecté". AP

jlc/cov/ljg