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actu & culture


PARIS - mardi 03 juin 2008 à 14h50

Lutte antidopage: les mailles du filet encore plus serrées sur le Tour de France



L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), en charge des contrôles lors du prochain Tour de France (5-27 juillet), a mis tous les atouts de son côté pour rendre la vie encore plus difficile aux éventuels tricheurs.

Des contrôles ciblés visant les coureurs des 20 équipes qui s'élanceront de Brest vont être menés par l'AFLD avant le départ de cette 95e édition de la Grande Boucle. Durant la course, les coureurs convoqués à chaque étape au contrôle antidopage seront prévenus au dernier moment et pris en charge par des escortes.

"Avant la compétition, l'agence va mettre tous les moyens pour des contrôles ciblés à l'entraînement. Ces contrôles vont être effectués à tout moment sur la base des informations de localisation demandées", a déclaré Pierre Bordry, le président de l'AFLD, lors d'une conférence de presse réunissant les dirigeants du Tour, le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte et le président de la Fédération française de cyclisme Jean Pitallier.

M. Bordry, qui a rencontré le 14 mai Pat McQuaid, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), avec qui il dit entretenir de bonnes relations de coopération, a précisé que son agence a "des informations" concernant certains coureurs.

La volonté commune est d'empêcher une nouvelle "affaire Rasmussen". Le Danois avait été annoncé positif en plein Tour de France alors qu'il était porteur du maillot jaune du Tour de France 2007, pour des contrôles effectués avant l'épreuve. Son équipe Rabobank l'avait retiré de la course.

L'Agence mondiale antidopage (AMA) a mis au point ADAMS, un système informatique obligeant les coureurs à signaler en temps réel leur localisation.

"A un mois du départ, on veut porter le danger partout en Europe ou dans le monde si nécessaire", a déclaré Jean-Pierre Verdy, le directeur des contrôles à l'AFLD. "Les coureurs commencent à rentrer leur localisation. Au jour d'aujourd'hui, toutes les équipes françaises sont localisées. On attend les autres pour aller les contrôler".

Durant la course, l'AFLD, qui a déjà oeuvré sur Paris-Nice en mars, va diligenter des contrôles urinaires, sanguins et capillaires.

Contrairement aux années précédentes, les coureurs apprendront seulement dans l'aire d'arrivée qu'ils doivent passer au contrôle antidopage. Ils seront immédiatement escortés par huit stewards affectés à leur suivi de la ligne d'arrivée jusqu'à la production de l'échantillon demandé. Auparavant, les directeurs sportifs étaient prévenus une heure avant l'arrivée de leurs coureurs contrôlés, ce qui pouvait permettre d'éventuelles manipulations.

"Nous sommes en train de faire signer aux équipes un contrat qui dit que si un cas tel Rasmussen se présente, qu'elles nous le disent", a déclaré Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France. "On a la volonté de protéger ce monument qu'est le Tour de France".

Alberto Contador, l'Espagnol tenant du titre qui vient de remporter le Tour d'Italie, ne sera pas présent à Brest, a confirmé Prudhomme. "Nous n'avons rien contre Contador. Mais nous avons pris cette décision en mars en raison de la récurrence des fautes de son équipe Astana en 2006 et 2007. Nous restons droit dans nos bottes. Si 2008 se passe bien, nous aviserons".

En raison d'un désaccord entre l'UCI et Amaury Sport Organisation (ASO), organisateur du Tour, concernant l'engagement des coureurs, le Tour 2008 ne sera pas couru sous l'égide de la Fédération internationale mais de la Fédération française. L'AFLD a la charge de diligenter les contrôles avant et après l'épreuve et de prononcer d'éventuelles sanctions.

Bernard Laporte a regretté le peu d'information en provenance de l'UCI concernant le passeport sanguin lancé en octobre dernier. "L'UCI a refusé la contribution française de 700.000 euros. On espère renouer le contact et participer à nouveau à ce passeport". AP

jlc/cov/mw