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Pour la première fois depuis 1992, l'équipe de France de football va disputer en Suisse la phase finale d'une compétition majeure sans son maître à jouer Zinédine Zidane.
Les vice-champions du monde vont devoir rapidement sublimer la perte de leur icône dans un championnat d'Europe des nations qui ne permettra pas le moindre faux pas. La Roumanie en amuse-gueule lundi à Zurich s'annonce un match piège pour les Bleus, alors qu'en plats de résistance de ce premier tour les Bleus devront digérer les Pays-Bas, puis l'Italie aux quatre couronnes mondiales, dans un groupe C annoncé comme celui "de la mort".
"L'Euro est plus dur que la Coupe du monde car le premier tour est plus relevé", a remarqué le sélectionneur Raymond Domenech.
Si la France pourra s'appuyer comme traditionnellement sur une défense rigoureuse -meilleure défense des éliminatoires tous groupes confondus-, elle va devoir retrouver dans le jeu le génie qui fait la différence. Michel Platini était le joueur d'exception de son premier titre européen de l'Euro 1984, Zidane le "fuoriclasse" du sacre mondial en 1998 et européen en 2000.
Tous les regards sont désormais tournés vers Karim Benzema. Le Lyonnais, meilleur réalisateur de la Ligue 1, buteur dès sa première sélection en Bleu, est bien davantage qu'un finisseur. Sa relation privilégiée avec Franck Ribéry, triplement titré au Bayern de Munich cette saison, est prometteuse. Sa capacité à descendre rechercher les ballons, à perforer, son habileté balle au pied, sa vision du jeu, sont exceptionnelles, à seulement 20 ans.
"C'est la première fois que je vais disputer un tournoi d'un tel niveau, mais je me sens de mieux en mieux en équipe de France", indique Benzema qui, du haut de ses 11 sélections, donne un avis avisé sur le potentiel des Bleus. "La France est puissante en défense et au milieu, et ses attaquants peuvent faire la différence à tout moment. C'est un groupe compact où tout le monde défend ensemble".
L'inquiétude concerne l'état de forme de la colonne vertébrale des Bleus. En défense centrale, Lilian Thuram, 140 sélections record, a peu joué avec le Barça cette saison, alors qu'en attaque Thierry Henry, 44 buts record en bleu, s'est cherché pour sa première saison sous les couleurs "blaugrana" du Barça.
En milieu de terrain, le capitaine Patrick Vieira, souvent blessé cette saison et d'ores et déjà forfait pour le match d'ouverture contre la Roumanie en raison d'une déchirure à la cuisse subie lors de la préparation, n'est pas certain de rester dans le groupe. S'il n'était pas sûr de retrouver 100% de son potentiel, il serait remplacé dans le groupe des 23 par le néo-Milanais Mathieu Flamini.
"Si les anciens sont à la hauteur, on aura une belle équipe. Car derrière, ceux qui arrivent ont du talent. Mais tout va dépendre des anciens", affirme Michel Platini, le président de l'UEFA, vendredi dans le quotidien "L'Equipe".
Raymond Domenech, qui n'a perdu que cinq des 48 rencontres dirigées avec l'équipe de France depuis sa nomination le 12 juillet 2004, saura-t-il prendre le risque de privilégier la jeunesse talentueuse si certains cadres s'affichaient essoufflés lors des premières rencontres? Le sélectionneur a fait preuve de convictions lors de la constitution de sa liste en délaissant David Trezeguet, meilleur buteur de la Série A, et en renvoyant dans leurs foyers lors du stage de Tignes, Mickaël Landreau jusqu'alors considéré comme le gardien numéro 2, et l'attaquant Djibril Cissé, laissés pour compte au bénéfice des néophytes Steve Mandanda et Bafétimbi Gomis.
Pour sa première phase finale comme titulaire, Grégory Coupet dans les buts est indiscutable, alors que Domenech devrait s'appuyer sur la défense vice-championne du monde de Berlin Eric Abidal-Thuram-William Gallas-Willy Sagnol, autre cadre à avoir très peu joué avec le Bayern cette saison.
A la récupération, Claude Makelele, Vieira ou ses doublures Jérémy Toulalan et Lassana Diarra sont des garanties d'assise défensive.
A la construction, Ribéry et Florent Malouda, comme Samir Nasri, pourraient être chargés d'alimenter deux pointes, à choisir parmi Henry, Benzema, Nicolas Anelka et Gomis.
La mire devra être bien réglée dès le match face à la Roumanie lundi. "Les Roumains sont des joueurs qui manient bien le ballon, capables d'exploits individuels, même s'ils sont peu connus", indique Florent Malouda. "La Grèce a gagné l'Euro 2004 sans que personne ne soit capable de citer le nom d'un seul de ses joueurs, donc méfiance".
La France, qui rêve de succéder à la Grèce, pourrait trouver sur son chemin l'Italie en demi-finale et l'Allemagne en finale. AP
jlc/cov/mw
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