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actu & culture


CHATEL-SAINT-DENIS, Suisse - samedi 14 juin 2008 à 16h18

Euro: les Bleus lustrent leurs pompes funèbres



Dérouillée comme jamais depuis 26 ans par les Pays-Bas vendredi à Berne, l'équipe de France de football veut continuer de croire en un avenir radieux.

"Le but est de se qualifier et de gagner l'Euro", a déclaré samedi Thierry Henry, auteur du seul but des Bleus face aux rayonnants néerlandais (4-1).

La sortie semble pourtant proche en Suisse pour une formation qui n'a marqué que deux buts dans le jeu en sept rencontres disputées en 2008, et dont la défense, longtemps symbole d'invulnérabilité, est pleine des trous dont le fromage de Gruyère se préserve, contrairement aux idées reçues.

La France affrontera l'Italie mardi à Zurich dans le "remake" de la finale du Mondial 2006. Si la Roumanie bat dans l'autre match du groupe C les Pays-Bas déjà qualifiés pour les quarts de finale, France et Italie seront éliminées.

"Les finalistes d'un jour ne sont pas forcément ceux du lendemain. Heureusement, car on s'ennuierait fort", a curieusement déclaré Raymond Domenech samedi avant l'entraînement des réservistes à Châtel-Saint-Denis.

Le sélectionneur ne semble plus savoir à quel saint du football se vouer.

"Il pourrait y avoir une stratégie d'avenir en abandonnant l'idée de la qualification et en donnant du temps de jeu à d'autres joueurs. Mais il reste aussi une infime chance de qualification qu'on peut jouer à fond sans faire d'expérience", a-t-il dit à propos de ce match contre l'Italie qui pourrait sonner l'heure de la retraite pour quelques cadres historiques des Bleus.

Les certitudes de Domenech ont volé en éclat sur la pelouse du Stade de Suisse. Grégory Coupet, qui souhaitait sans doute achever sa carrière le 29 juin à Vienne par un sacre européen comme il a bouclé son cycle lyonnais par la conquête de la Coupe de France en mai dernier, est allé chercher quatre fois le ballon au fond de ses filets.

Comme pour Fabien Barthez en finale du Mondial allemand, la situation a commencé à se dégrader pour le gardien international par un but concédé sur corner. Devant, les Bleus se sont créé face aux Néerlandais les occasions qui leur avaient fait défaut face à la Roumanie (0-0).

Mais seul Henry, toujours blessé à l'en croire -"j'avais mal, je suis passé au-dessus de la douleur"-, a trouvé la faille face à Edwin Van der Saar. Par contraste, les Néerlandais, déjà tombeurs des Italiens 3-0, ont bénéficié du réalisme de six buteurs différents en deux matches, dont Wesley Sneijder, élu "homme du match" au Stade de Suisse pour la deuxième fois de rang.

Mais quand l'attaque bleue est en berne, les recours sont pratiquement inexistants. Au milieu, Claude Makelele n'a pas inscrit le moindre but en près de 70 sélections, Jérémy Toulalan et Lassana Diarra sont dans le même cas, tout comme Willy Sagnol en défense. Lilian Thuram, aux 142 sélections record, en est resté à ses deux buts inscrits en demi-finale du Mondial 1998. William Gallas, l'autre élément d'une charnière grinçante, n'a pas fait mieux.

"Prendre quatre buts, ça ne m'était jamais arrivé", a souligné Domenech, qui retient les bonnes périodes des Bleus, passés près d'un bon résultat selon lui face à des Pays-Bas qui rêvent d'un deuxième sacre après celui de 1988.

"Dans le jeu, on a rien à envier aux Néerlandais. La différence s'est faite dans la conviction. Il faut plus de décision", a repris Domenech.

Le sélectionneur a stigmatisé l'inattention de ses joueurs, comme sur le troisième but néerlandais "quand ils marquent sur l'engagement, alors qu'on est en train de se féliciter".

Domenech, qui a emporté en Suisse comme livre de chevet "Les Rois maudits", est servi. Sous contrat jusqu'en 2010, il va devoir méditer sur une équipe à rebâtir, fin juin au plus tard, ou plus vraisemblablement dès mardi.

A moins que les valeurs sûres entrevues vendredi, comme Sidney Govou et ses dread locks tressés pour 250 euros par une coiffeuse experte admise dans la forteresse de l'hôtel Mirador Kempiski, n'arrive à rallier à son panache noir le reste de la troupe. Et que les Néerlandais jouent le jeu face aux Roumains.

"On espère que les Néerlandais auront le même pourcentage de réussite qu'ils ont eu contre nous et face aux Italiens", a imploré Domenech, qui devra retrouver d'ici mardi un véritable bloc-équipe sur le terrain comme en dehors. Car la mode des écouteurs sur les oreilles, emportés par certains même lors de la ballade en forêt le matin du match face aux Pays-Bas, laisse croire que le collectif loué par la "bande à Deschamps" s'est dilué au gré de la disparition de la majorité des champions du monde 1998. AP

jlc/cov/petr




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