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actu & culture


PARIS - vendredi 20 juin 2008 à 16h03

Rugby: un "classique" et un "inédit" en demi-finales du championnat de France



Grands habitués des phases finales, les deux Stades, Français et Toulousain, ont de nouveau rendez-vous en demi-finale du championnat de France. L'autre sommet mettra face à face, Clermont, numéro 1 à l'issue de la saison régulière et Perpignan, le seul invité surprise de ce dernier carré.

Clermontois et Catalans se retrouveront samedi à Marseille. Dans la perspective de la finale programmée le samedi 28 juin, cette date leur conférera un avantage par rapport aux Toulousains et Parisiens qui ont rendez-vous dimanche après-midi à Bordeaux.

Le choc entre le Stade Toulousain, l'équipe la plus titrée de l'Hexagone avec 16 titres nationaux et trois sacres continentaux, et le Stade Français, champion sortant, est un "classique" aux allures de finale avant la lettre.

A l'aune de sa saison et de la qualité d'ensemble de son effectif, Toulouse ferait un favori assez logique. Mais Toulouse disputera, dimanche, son 36e match d'une saison à rallonge commencée avec la Coupe du monde qui a vu le XV tricolore lui emprunter 17 joueurs. Surtout, les Toulousains ont du mal à digérer leur défaite en finale de la Coupe d'Europe fin mai à Cardiff face aux Irlandais du Munster.

Paris, de son côté, n'est jamais aussi bon et motivé que lorsque sonne l'heure de la phase finale et des matches couperets. En témoigne son palmarès depuis son retour dans l'élite en 1997 et ses cinq titres.

Pendant ce laps de temps, Toulouse n'a ajouté que deux Brennus à sa collection (1999 et 2001). Le club de la capitale n'est pas étranger à cette période de disette. Sur quatre demi-finales entre les deux équipes, le Stade Français en a remporté trois.

Pour ce qui pourrait être son dernier match à la tête de la formation parisienne, Fabien Galthié n'est pas totalement épargné par les soucis. David Skrela, son ouvreur international, et Pascal Papé, un des ses principaux preneurs en touche, sont forfaits.

Son homologue Guy Novès a dû, ces derniers mois, gérer une infirmerie bien trop pleine. Vincent Clerc et Clément Poitrenaud, ses deux pépites des lignes arrières sont toujours sur le flanc. Pour ne rien arranger, Cédric Heymans, qui a assuré l'intérim de Poitrenaud à l'arrière, est incertain tout comme Thierry Dusautoir, le grand combattant et plaqueur de la troisième ligne.

Finaliste malchanceux de la précédente édition, Clermont Auvergne rêve de revenir au Stade de France et d'enfin y briller. Les "Jaunards" ont en ligne de mire d'effacer une incroyable malédiction qui les poursuit dans le championnat domestique. Malgré huit finales, les Auvergnats n'ont jamais soulevé le trophée.

Premier de la saison régulière en ayant impressionné tout le monde, Clermont paraît plus proche que jamais de vaincre le signe indien. Son jeu remodelé par le Néo-Zélandais Vern Cotter est devenu robuste, discipliné et cliniquement efficace surtout depuis l'entrée en scène de l'incroyable ailier fidjien Napolioni Nalaga, meilleur marqueur du TOP 14 avec 16 essais.

Les Catalans vivent une frustration identique. Les "Sang et Or" n'ont rien gagné depuis 1955, année de leur dernier Brennus et ce malgré trois finales hexagonales et une finale européenne.

Cette saison, l'USAP est passé tout près de l'explosion avant de rebondir et d'aligner dix victoires sur les douze dernières journées de la phase de poules pour priver Biarritz, le champion 2005 et 2006, d'une place dans le dernier carré.

Cette renaissance s'est appuyée sur des vertus guerrières retrouvées et donne au groupe une très grande confiance dans ses moyens. Cela suffira-t-il à inverser le pronostic, favorable aux Auvergnats? Aux capacités des Catalans dans le combat et notamment en mêlée, l'équipe de Vern Cotter pourra opposer son volume de jeu et surtout son rythme qui a fait imploser plus d'une défense.

En 26 journées, les Auvergnats ont inscrit la bagatelle de 88 essais. Des trois autres demi-finalistes, seul Toulouse avec son jeu tourné vers l'offensive a pu approcher ce total (82 essais). AP

xdes/petr