Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Fragilisé par un Euro 2008 catastrophique, Raymond Domenech est sorti grand vainqueur jeudi de sa comparution devant le conseil fédéral de la Fédération française de football (FFF). Le sélectionneur national a été confirmé à son poste jusqu'en 2010, avec pour seule responsabilité le terrain.
"Raymond Domenech a demandé de se faire aider. Il veut se concentrer sur le terrain et uniquement le terrain. On va l'aider", a déclaré Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF.
Les 19 membres du conseil fédéral ont dénoncé le jeu "triste" de l'équipe de France, la communication acide du sélectionneur -"du vinaigre jeté sur une plaie", a résumé Escalettes-, et la volonté d'isolement des joueurs français voulue par Domenech. "Une hyperprotection qui nous a fait beaucoup de tort", selon le président de la FFF.
A 18 voix pour et une abstention, le conseil fédéral a pourtant renouvelé sa confiance au sélectionneur plutôt que de lui trouver un remplaçant, Didier Deschamps ayant été plébiscité par les anciens champions du monde 1998.
Si Raymond Domenech a admis devant le conseil fédéral "toute une série d'erreurs", il va rester seul maître à bord concernant le coaching, la tactique et le choix des joueurs sélectionnés. Il devra accepter des modifications au sein de son staff, la nomination d'un secrétaire général chargé de la logistique de l'équipe de France, mais aussi révolutionner le jeu de l'équipe.
"C'est une des missions du nouveau sélectionneur", a déclaré le Directeur technique national Gérard Houllier, qui fera partie d'un nouveau Club France 2010, chargé de servir de tuteur à Domenech.
Houllier prône un football offensif. "Il n'y a pas de joueurs miracle, mais un projet collectif porté sur une animation offensive différente, en prenant des risques, en se déséquilibrant. Je voulais savoir s'il avait la confiance des joueurs, d'après ce que j'ai lu, il semble l'avoir."
Domenech, qui a perdu à l'Euro 2008 en voulant appliquer un schéma tactique ultra défensif calqué sur celui utilisé par les champions du monde 1998, va devoir faire sa révolution.
"A-t-on toujours la défense de fer qu'on avait avant? Il faut de la générosité, montrez-nous que vous voulez aller de l'avant. Prenez des risques! Plus de France-Roumanie!", a tonné Jean-Pierre Escalettes.
Après un piteux nul contre la Roumanie 0-0, les Bleus ont été balayés par les Pays-Bas 4-1, avant d'être achevés 2-0 par l'Italie à l'Euro, où la France a fini 15e sur 16 nations engagées.
"L'échec est collectif, tout le monde est responsable, les joueurs, le sélectionneur et nous les dirigeants", a souligné Frédéric Thiriez, le président de la Ligue de football professionnel, avançant ainsi une des explications au maintien de Domenech à son poste.
"Nous avons été anesthésiés par le bon parcours de notre équipe en Allemagne en 2006, nous faisons notre mea culpa."
Il y a deux ans, Domenech a conduit les Bleus en finale du Mondial 2006. Il s'était alors appuyé sur les anciens comme Zinédine Zidane. Il avait pourtant voulu écarter cette génération lors de sa prise de fonction deux ans auparavant.
En Suisse, il a une nouvelle fois voulu s'appuyer sur les anciens. Certains d'entre eux, à l'instar d'un Lilian Thuram aux 142 sélections, ont pourtant disputé leur compétition de trop.
"Son bilan (de Domenech) n'est pas catastrophique. Il nous a qualifiés deux fois de suite pour deux compétitions majeures et pour la finale 2006. Un potentiel existe, les Ribéry, les Toulalan, les Evra, on les a. C'est lui qui a amené la jeune génération, donné des premières sélections à Diaby, Flamini, Mandanda, Benzema entre autres. J'ai consulté grand nombre de joueurs qui font confiance au sélectionneur, certains jugements extrêmement spontanés venant de la classe biberon, d'autres des anciens comme Willy Sagnol ou Patrick Vieira", a souligné Escalettes.
Il a annoncé que les joueurs devraient désormais signer une charte les contraignant à une meilleure communication, notamment à une obligation de se rendre en conférence de presse.
"Il faut être déterminé sur l'objectif, qui est 2010. En septembre et octobre, il y aura obligation de résultats (contre l'Autriche, la Serbie, la Roumanie) et il faudra montrer un changement d'attitude. Je me suis entouré des conseils de Michel Platini et Gérard Houllier, qui sont des pontes, sélectionneurs de l'équipe de France. Les solutions nous semblaient être un maintien sous condition. Si on était allé chercher quelqu'un d'autre, il y aurait eu toute une série de tâtonnements, alors que Raymond Domenech a des années d'expérience avec les jeunes et les moins jeunes. C'est à lui de rebondir." AP
jlc/cov/petr
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|