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actu & culture


PEKIN - lundi 04 aout 2008 à 17h00

JO: le CIO prêt à traquer les tricheurs avec un programme antidopage ambitieux


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La piste du Nid d'oiseau, le bassin olympique et les différentes enceintes sportives des Jeux olympiques ne seront pas les seuls lieux de consécration et de déchéance à Pékin. Le combat sans fin entre les dopés et les responsables de la lutte antidopage sera plus intense que jamais pendant les JO, après une série de scandales qui a terni l'image du sport ces derniers mois.

Le Comité international olympique (CIO) a promis de mettre en oeuvre un programme antidopage présenté comme le plus rigoureux de l'histoire du sport, avec des centaines de contrôles supplémentaires, des tests hors-compétition accrus et une amélioration de la détection de l'EPO et de l'hormone de croissance humaine.

Le CIO compte aussi s'appuyer sur des informateurs pour cibler des athlètes soupçonnés de dopage et va demander aux autorités chinoises de poursuivre les fournisseurs et les réseaux organisés.

"Les athlètes savent qu'on va les poursuivre", a déclaré Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO), dans un entretien avec l'Associated Press. "Trouver un endroit où se cacher devient de plus en plus difficile."

Le CIO a prévu de réaliser 4.500 contrôles antidopage à Pékin, contre 3.600 à Athènes il y a quatre ans et 90% de plus qu'à Sydney en 2000. Selon Rogge, le programme inclut plus de 700 contrôles sanguins, dont 400 pour l'hormone de croissance humaine.

En dépit de toutes ces mesures, il n'existe aucune garantie que ces Jeux soient plus propres que les autres, car les tricheurs peuvent toujours trouver des moyens de déjouer les contrôles ou faire usage de produits encore indécelables.

La période de contrôle a débuté avec l'ouverture du village olympique le 27 juillet et s'achèvera le 24 août à la fin des Jeux. Même avant d'avoir atteint Pékin, les athlètes peuvent être contrôlés chez eux, sur leurs lieux d'entraînement et n'importe où à travers le monde.

Pendant les compétitions, les cinq premiers de chaque épreuve et deux athlètes tirés au sort seront contrôlés. Les échantillons seront recueillis en présence de gardes armés sur les 41 lieux de prélèvement et analysés dans un nouveau laboratoire situé près du stade olympique, où 180 scientifiques seront sur le pont 24 heures sur 24.

Les échantillons prélevés seront stockés pendant huit ans afin de permettre aux scientifiques d'améliorer leurs tests avec de nouvelles technologies.

En vertu d'un nouveau règlement du CIO, tous les athlètes qui seront pris pour dopage à Pékin et en conséquence suspendus au moins six mois seront privés des Jeux suivants, prévus à Londres en 2012.

A Athènes, 26 cas de dopage avaient été enregistrés, soit plus du double du précédent record de 12 cas aux Jeux de Los Angeles en 1984. Six médaillés, dont deux vainqueurs, avaient été pris à Athènes.

Rogge pense que dans le jeu du chat et de la souris entre les tricheurs et les contrôleurs le fossé s'est considérablement réduit. Au cours des 40 dernières années, dit-il, le CIO est petit à petit revenu à la hauteur des tricheurs en développant des tests de détection de leurs substances favorites: amphétamines, stéroïdes, EPO, transfusions sanguines, testostérone et désormais hormone de croissance humaine.

"Nous savons qu'il y a des échappatoires", a-t-il dit. "Nous luttons avec nos armes."

Le CIO doit aussi livrer un autre combat afin de redonner confiance au public, qui a vu tomber tour à tour des athlètes aussi prestigieux que Marion Jones, Floyd Landis, Tim Montgomery et Justin Gatlin, pour n'en citer que quelques-uns.

"La grande majorité des athlètes est propre", a déclaré Rogge, citant des statistiques selon lesquelles seuls 1 à 3% des contrôles sont positifs. "Il y a une minorité de gens qui trichent et qui ternissent le sport dans son ensemble. Les gens soupçonnent les records du monde et les grandes victoires, ce qui en réalité est injuste."

L'EPO, une hormone synthétique qui accroît l'endurance en stimulant la production de globules rouges, et l'hormone de croissance humaine (HGH), qui permet de se renforcer et améliore la récupération, seraient les deux produits de choix des tricheurs. Les contrôles EPO ont été utilisés aux Jeux olympiques de Sydney pour la première fois tandis que les tests de dépistage de la HGH ont été introduits à Athènes et aux Jeux d'hiver de Turin en 2006.

Selon Rogge, le niveau de détection des contrôles de la HGH a augmenté de "plus de 50%". Cependant, des experts affirment que les tests ne peuvent déceler la présence du produit que dans une fenêtre de 24 à 48 heures après la prise. Les athlètes peuvent donc programmer leurs prises de façon à l'éliminer dans leur organisme au moment de leurs compétitions.

"C'est l'une des limites, nous le savons", a reconnu Rogge. "Néanmoins, ça a un gros effet dissuasif et j'espère que ça permettra d'arrêter les tricheurs s'ils en prennent."

Les contrôles de dépistage de la HGH seront focalisés sur les périodes de pré-compétition.

"Ça n'a pas de sens de les faire en compétition compte-tenu de la petite fenêtre", a dit Rogge. "Nous contrôlerons aussi les sports ciblés."

Le CIO reconnaît également ne pas être capable de détecter les transfusions sanguines autologues, par lesquelles les athlètes se réinjectent leur propre sang après l'avoir stocké pour accroître leur nombre de globules rouges.

"On ne va pas le cacher", a déclaré Rogge. "Pour le reste, nous pensons être plutôt à jour. Il n'y a pas eu d'avancée majeure dans les contrôles, mais je ne pense pas qu'il y ait eu d'avancée majeure dans le dopage non plus." AP

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