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Présents en Coupe d'Europe depuis sa création en 1995, les clubs français ne participeront pas à la prochaine édition de la compétition suite à une décision officialisée mercredi midi par la Ligue Nationale de Rugby (LNR).
"Le Comité Directeur de la LNR a décidé que les clubs français ne s'engageront pas dans les compétitions européennes organisées par l'ERC (NDLR: European Rugby Cup, l'organisme organisateur de la coupe d'Europe et du challenge européen) la saison prochaine", a expliqué la LNR dans un communiqué.
Ce boycott décrété à la suite d'une réunion d'urgence provoquée mardi soir par le président de la ligue, l'ancien arrière international Serge Blanco, est la conséquence de la décision de la LNR de ne pas s'engager "dans un nouvel accord relatif à l'organisation des coupes d'Europe pour les futures saisons".
Cette négociation était destinée à remplacer les accords de Paris conclus en 1999 fixant l'organisation des compétitions pour huit saisons et qui prennent fin au terme de l'actuelle saison.
"La LNR ne souhaite pas s'engager dans un nouveau processus nous liant quatre ou cinq ans alors que certaines conditions ne sont pas remplies", précise Arnaud Dagorne, Directeur Général de la LNR.
Alors qu'a lieu ce week-end la dernière journée de la phase de poules de la présente édition, ce retrait des clubs français est un coup dur pour la coupe d'Europe. Dans le sillage du Stade Toulousain, vainqueur de la première édition et recordman des victoires (3), les clubs français ont activement concouru à la réussite de l'épreuve.
Outre Toulouse, Brive a également inscrit son nom au palmarès de l'épreuve alors que Colomiers, Perpignan, le Stade Français et l'an passé encore, Biarritz, en ont été finalistes.
L'ERC a connu un précédent quand en 1998 les clubs anglais, qui ont remporté la compétition à cinq reprises, avaient eux aussi choisi de quitter la coupe d'Europe pour des problèmes de calendrier mais surtout parce qu'ils s'estimaient lésés par la redistribution financière.
Ce retrait n'avait duré qu'une saison. "Cette situation peut durer mais on compte sur la volonté des gens de revenir au dialogue", admet, de son côté, Arnaud Dagorne. "On est, pourtant, obligés d'en passer par là pour dire que les clubs sont, actuellement, une force du rugby mondial et qu'il faut les considérer comme tels".
Le feu couvait depuis plusieurs mois, précisément depuis que les ligues française et anglaise (Premier Rugby), avaient demandées à être mieux impliquées dans l'organisation des coupes d'Europe et leur management notamment à travers une participation à l'actionnariat de l'ERC aux côtés des Fédérations Nationales
Ce principe, accepté dans un premier temps par les deux fédérations majeures que sont la FFR (Fédération Française de Rugby) et la RFU (Rugby football Union) anglaise, a depuis été remis en cause par cette dernière. Pour bloquer les négociations, la RFU prend prétexte de l'absence d'accord entre elle et Premier Rugby.
"Nous avions, au départ, demandé et obtenu que les ligues aient une part plus importante dans la gestion des coupes d'Europe et, en fait, 18 mois plus tard on se retrouve dans la situation identique à celle qui dure depuis huit ans et que l'on avait accepté tout en disant il faut évoluer", poursuit Arnaud Dagorne.
Ce coup d'éclat de la LNR vise aussi à défendre les championnats nationaux grandement menacés par le calendrier international. Au-delà se joue, de fait, la place du rugby des clubs par rapport aux fédérations poussées par l'IRB (International Rugby Board) qui veut donner une part de plus en plus grande au rugby des nations.
"Ce blocage (de la RFU) soulève plus largement une incertitude majeure sur les conditions dans lesquelles l'Angleterre sera représentée en coupes d'Europe dans le futur et donc sur la place des structures de club dans le rugby professionnel européen", précise le communiqué de la LNR
Selon le Sunday Times, la RFU a en tête de réorganiser le championnat domestique de Première Division autour de dix franchises régionales. Ce système, copié sur les nations du Sud (Australie et Nouvelle-Zélande) et qui permet de mieux gérer la préparation des internationaux, a été, par exemple, adopté par l'Irlande avec une retombée positive sur les performances du Quinze du trèfle.
La presse anglaise a, parallèlement, révélé le souhait de Syd Millar, le président de l'IRB, de créer une compétition mondiale regroupant tous les deux ans les dix meilleures nations. AP
des/petr
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