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Visiblement secoué, le nageur australien Ian Thorpe s'est déclaré confiant d'être blanchi de tout soupçon de dopage après les révélations du quotidien sportif français "L'Equipe".
"Je n'ai jamais triché", a-t-il affirmé dimanche au cours d'une conférence de presse bondée où se pressaient les journalistes. "J'ai totalement confiance dans le fait que toutes les preuves médicales et scientifiques établiront que je suis innocent."
Le quintuple champion olympique, qui a annoncé sa retraite il y a cinq mois à 24 ans seulement, a rappelé qu'il avait été l'un des nageurs les plus contrôlés.
"Il n'y aura pas d'issue idéale, mais ça va se terminer et je vais gagner", a déclaré "Thorpedo" ("torpille").
Le nageur, pas rasé, était vêtu d'une chemise à rayures toute froissée au cours de cette première confrontation avec la presse depuis le choc causé par l'article de "L'Equipe".
Selon le quotidien français, Thorpe a subi en mai 2006 un contrôle antidopage ayant révélé des valeurs anormales de testostérone et d'hormone lutéinisante (LH). Il a annoncé son départ à la retraite en novembre dernier.
Thorpe a souligné que l'article de "L'Equipe" avait "déjà terni" sa réputation et qu'il serait difficile de réparer les dégâts.
"Beaucoup de gens se souvenaient de moi comme un héros de ce sport", a-t-il dit. "Je veux que ça reste comme ça."
Flanqué de son avocat, Thorpe a décrit sa réaction physique lorsqu'il a été informé de l'article.
"Je suis resté assis dans ma chambre, tremblant, parce que je ne comprenais pas", a-t-il raconté. "Tout ça n'a aucune valeur, vraiment."
Thorpe a souvent critiqué franchement les méthodes de contrôle de la FINA, estimant que la fédération internationale n'était pas assez sévère avec les tricheurs.
Aux championnats du monde 2001, il avait déclaré que la FINA devrait faire des analyses sanguines de détection de l'EPO et de l'hormone de croissance. Trois ans plus tard aux Jeux olympiques d'Athènes, il avait dit qu'il était naïf de penser que tous les nageurs étaient propres.
"Si vous ne pouvez pas dire ce que vous pensez et être honnête, ça ne vaut pas la peine", a commenté Thorpe. "Malheureusement, ça offense beaucoup de gens."
Thorpe a ajouté qu'il ne pensait pas que la révélation de son contrôle anormal pendant les Mondiaux organisés dans son pays était une coïncidence. Il a suggéré que trois groupes différents pouvaient être à l'origine de la fuite dans la presse, faisant apparemment référence à la FINA, à l'Agence antidopage australienne et au Tribunal Arbitral du Sport.
L'Australien s'est dit "profondément alarmé" que l'information sur ses résultats soit arrivée jusqu'à la presse avant même que lui-même soit informé. "Que la presse reçoive cette information avant un athlète met en danger toute l'intégrité du processus de tests", a-t-il souligné. "Et ce qui est encore plus troublant, c'est que le résultat est d'après ce que j'en comprends un résultat pour lequel il y a nombre d'explications innocentes".
L'air hagard, Thorpe, admettant qu'il n'avait pas bien dormi les nuits précédentes, a tenté une blague quand on lui a demandé qui pouvait bien avoir communiqué ses résultats.
"Je pense que c'est la panthère rose", a-t-il plaisanté.
La FINA, sans mentionner le nom de Thorpe, a confirmé samedi avoir fait appel d'une décision de l'Agence australienne antidopage (ASADA) devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), "dans le but de clarifier les problèmes entourant cette affaire."
Selon "L'Equipe", après instruction de son dossier analytique, renforcé par des analyses supplémentaires, l'ASADA avait décidé de classer sans suite cette affaire, faute de certitudes scientifiques. La FINA avait alors décidé de saisir le TAS.
Richard Ings, directeur exécutif de l'agence australienne antidopage, a déclaré que l'enquête n'était pas close.
"Je dois désormais revoir toute mon histoire médicale avec mon médecin et voir s'il y a un quelconque médicament que je prenais à l'époque qui pourrait avoir affecté les résultats", a poursuivi Thorpe.
Cornel Marculescu, le directeur exécutif de la FINA, a déclaré que l'appel avait été interjeté en décembre et qu'il ne savait pas pourquoi l'information était sortie seulement à deux jours de la fin des Mondiaux. Il a également souligné que la FINA ne connaissait pas le nom de l'athlète impliqué au moment de l'appel.
Les versions synthétiques de la testostérone, l'hormone mâle, peuvent agir comme des stéroïdes et améliorer les performances. L'hormone lutéinisante produit de la testostérone chez l'homme.
Après avoir gagné trois médailles d'or et deux médailles d'argent aux Jeux de Sydney en 2000, Thorpe a réussi l'une des plus belles performances de l'histoire de la natation aux championnats du monde de Fukuoka l'année suivante.
Agé alors de 18 ans, Thorpe était devenu le premier nageur à remporter six médailles d'or aux Mondiaux, remportant trois titres individuels et participant à trois victoires en relais. Thorpe avait également assorti ses victoires sur 200m, 400m et 800m nage libre de records du monde.
Thorpe détient toujours le record du monde du 400m, qu'il avait encore abaissé aux Jeux du Commonwealth en 2002. Son record du 800m a été battu en 2005 par son compatriote Grant Hackett, tandis que le record du monde du 200m libre est tombé cette semaine, battu par l'Américain Michael Phelps. AP
nc/petr/v
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