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Raymond Domenech, se délecte à l'idée d'affronter l'Italie dimanche en finale de la Coupe du monde de football.
Aux yeux du sélectionneur de l'équipe de France, qui affirme n'avoir jamais douté des capacités de ses joueurs, le football transalpin frise en effet l'excellence.
Q: Quel est votre sentiment au lendemain de la qualification de l'équipe de France pour la finale?
Raymond Domenech: "On est tout de suite partis dans cette idée-là. Il y a ce match à faire, qui est le plus beau, c'est le dernier et il faut être présent. Là on est en projection parce que c'est une finale et parce que c'est l'Italie. L'objectif c'est d'être à fond jusqu'au bout dans cette Coupe du monde et de ne pas devenir le spectateur de notre propre parcours. C'est ça le plus important.
L'Italie a toujours été un truc particulier. Il y a un sentiment d'admiration pour le talent de ces équipes-là, pour leur mental, pour leur faculté de se battre en permanence. C'est vrai que j'aime bien. Se tester contre les Italiens, ça a toujours une vraie valeur. Ce sont toujours des matches intéressants, toujours des matches où il se passe quelque chose. L'Italie reste une référence permanente."
Q: Comment se sentent vos joueurs?
R.D.: "On le saura à la fin du match. Eux, ils ont fait une demi-heure de plus (NDLR: les Italiens ont joué les prolongations contre l'Allemagne en demi-finale). On était fatigués à la fin du match mais on le doit surtout aux Portugais qui nous ont posé beaucoup de problèmes. Ils nous ont obligé à faire beaucoup d'efforts. C'est vrai qu'on était usés. Mais en demi-finale, ça me parait un peu logique. Il y a maintenant trois jours pour récupérer, mais sans recette particulière. On fait pour le mieux en pensant que ce qu'on met en place c'est bien. Quelque part, la finale donne des ailes à tout le monde. Il y a une fatigue logique, normale, du match. Ce n'est pas une usure psychologique. C'est celle-là la plus dure à réparer."
Pourquoi les joueurs ont-ils adopté le mot d'ordre "on doit tous mourir ensemble?
R.D.: "Que les joueurs l'aient adopté, c'est très symbolique de ce qu'on a vécu. C'est vrai, depuis très longtemps, avant la qualification, c'est ça. Ou on vit bien ensemble et on fait quelque chose de bien ensemble ou on meurt très vite. On a fait que des matches à élimination directe au moins depuis l'Irlande et peut-être même avant. Ça fait une bonne quinzaine de matches qu'on vit avec le couteau sous la gorge."
Q: Malgré l'excellente forme physique qu'affiche votre équipe, certains continuent de la trouver vieille?
R.D.: "Pour moi, ils ne sont pas vieux. Ils ont fait une bonne préparation. Quand on a 30-35 ans, on peut encore courir, encore se préparer. Après, c'est la foi qui fait la différence. Sur six mois, on peut dire qu'il y a eu des creux, mais sur un mois, si la préparation était bien faite, il ne devait pas y avoir de problème, même pour des joueurs de 35 ans."
Q: D'autant que la présence de ces joueurs semble cruciale en rapport à leur expérience.
"Les anciens savent de quoi ils parlent et diffusent leurs certitudes aux autres joueurs. Il ne sont jamais pris par le doute et ne jouent pas les matches avant. Je peux vous assurer qu'ils seront prêts dimanche à 20 heures, pas avant".
Q: Qu'apporte Franck Ribéry?
R.D.: "Il est utile, oui, pour donner peut-être ce que ne peuvent pas donner les vieux. Cette équipe, c'est un équilibre entre les vieux, les jeunes..."
Q: Vous avez été très critiqué, vivez vous ce succès de manière particulière?
R.D.: "Je comprends depuis deux ans tout ce que j'ai pu lire, que tout ce que j'ai pu faire soit parfois incompréhensible. Parce quand on gère à long terme et quand on critique à court terme, il y a forcément des divergences. J'en ai jamais voulu à qui ce que soit. Je suis plus réservé sur les attaques personnelles et sur mon entourage. Sur moi, sur des trucs hors football. Mais bon, personne n'est parfait.
Je n'ai pas de revanche, c'est comme ça. Chacun a fait ce qu'il pensait devoir faire à un moment. Moi, j'ai fait ce qui me semblait être le mieux pour que cette équipe de France fonctionne. Et je suis d'accord, des fois ça ne paraissait pas évident. Peut être que quelqu'un d'autre prenant l'équipe et en faisant autrement aurait aussi réussi. Il y a une manière de faire qui était la mienne qui n'a pas reçu l'adhésion totale. Mais je n'ai plus d'envie de revanche. Ce qui compte c'est que l'équipe de France aille au bout et le but c'est gagner. Après, je pars en vacances." AP
rc/petr/jlc
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