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actu & culture


PARIS - vendredi 02 mai 2008 à 12h00

Le coin du jardinier: moins de pesticides dans mon jardin



A l'heure où le "Grenelle de l'environnement" prévoit de réduire de moitié la fréquence de traitement par les pesticides si possible dans les 10 prochaines années, les jardiniers doivent montrer l'exemple. Des pratiques de culture raisonnées et un peu de bon sens permettent de limiter l'emploi de ces produits. Economies, mais aussi plaisir de récolter des fruits et des légumes peu ou non traités à la clé!

Les bons réflexes:

- Bien nourries, bien arrosées, cultivées dans les conditions qu'elles réclament, les plantes sont plus résistantes aux parasites. Choisissez des végétaux adaptés à la nature et à l'exposition (soleil, ombre) de votre terrain. Installez-les au début de leur période de plantation de façon à ce qu'ils aient développé un maximum de racines avant le redémarrage de la végétation ou avant l'été. Ils seront ainsi plus vigoureux et mieux "armés" pour résister à la sécheresse. Incorporez de la matière organique (compost, fertilisant, lombricompost, terreau de feuilles) pour enrichir la terre et améliorer sa capacité de rétention en eau. Fertilisez les potées avec un engrais à libération lente. Etalez un paillis sur la terre pour qu'elle reste fraîche plus longtemps et pour éviter la pousse des mauvaises herbes qui détournent l'eau à leur profit. Arrosez par temps sec.

- Faites appel aux auxiliaires (la faune amie du jardinier). Installez des abris pour attirer les hérissons, les oiseaux insectivores, les chrysopes, les coccinelles et préservez-les (les granulés anti-limaces sont dangereux pour les hérissons sauf ceux à base de Ferramol, les insecticides de contact éliminent aussi les coccinelles).

- Au potager, pratiquez la rotation des cultures. Ne cultivez pas deux années de suite au même endroit deux plantes de la même famille botanique ou deux plantes de même catégorie (légume-feuille, légume-fruit, légume-graine ou légume-racine) car celles-ci attirent les mêmes parasites. Si vous cultivez des tomates après des pommes de terre (toutes deux de la famille des Solanacées), ou vice-versa, vous risquez d'avoir des problèmes, les maladies communes à ces deux cultures étant déjà "sur place" au moment de la plantation!

- Arrosez les pieds de tomate et de Cucurbitacées (courgettes) en évitant de mouiller les feuilles. Installez un système d'arrosage au goutte-à-goutte ou utilisez l'arrosoir sans la pomme (arrosez au pied, au goulot).

- Veillez à ce que l'air circule entre les plantes potagères, les arbustes (ne les plantez pas trop serrés) et les branches des arbres fruitiers (taillez-les au bon moment pour supprimer la végétation en excès). Mieux les plantes seront aérées, plus vite leur feuillage séchera après la pluie, moins elles risqueront de développer une maladie.

- Au verger, ayez recours aux pièges à phéromones. Suspendez-les aux branches pour lutter contre la mouche de la cerise, le carpocapses des prunes, des pommes ou des poires.

- Pulvérisez de la bouillie bordelaise (fongicide) sur la végétation sensible aux maladies (ex. rose trémière rouillée chaque année) à la fin de l'hiver ou au début du printemps.

- Contre les pucerons, deux à trois pulvérisations de savon noir (savon mou) suffisent à enrayer les attaques les plus véhémentes.

- N'utilisez les pesticides qu'en dernier recours, quand les méthodes douces n'ont pas marché. Respectez les doses d'emploi. Pour éviter de préparer trop de produit (rejet inutile dans l'environnement), effectuez d'abord un traitement "à blanc", rien qu'avec de l'eau, pour connaître la quantité de liquide dont vous avez besoin. En ajoutant un produit bleuissant (en vente en jardinerie et GSB), vous verrez nettement les endroits où vous êtes déjà passé et éviterez ainsi les surdosages. AP

xcha/sb